Ce billet est une traduction de : “Todos se van de Wendy Guerra: una ventana sobre Cuba en los años 1980″. La traduction se veut la plus proche possible du texte espagnol cependant, la syntaxe des deux langues étant différente, il est possible que la formulation des idées ainsi que les représentations mentales qu’elles peuvent donner aux lecteurs changent.
Ne possédant pas le livre en français, je vais traduire les citations en essayant de ne pas dénaturer ce que l’auteure a voulu dire.
Sommaire
- Introduction
- I/. Un roman basé sur les expériences de son auteure
- II/. Une fenêtre sur le régime établit
- Mon ressenti
- Bibliographie
Introduction
Tout le monde s’en va mais pas Nieve, elle reste à Cuba et vit à Cienfuegos; du haut de ses huit ans, elle écrit des journaux intimes. Ces journaux sont ceux que l’on trouve dans Tout le monde s’en va. A travers la vie de l’auteure, nous verrons que ce roman, basé sur des faits réels est une fenêtre sur le Cuba des années 80 et ainsi, sur la dictature de Fidel Castro qui dura de 1976 à 2008.

I/. Un roman basé sur les expériences de son auteure
a. Sa vie comme influence

Source: site web d’Anagrama.
Tout le monde s’en va est l’un des romans de Wendy Guerra, née en 1970 à La Havane, c’est une auteure cubaine contemporaine. Peu après sa naissance, sa famille décide de déménager et de s’installer dans un petit village; Cienfuegos. Elle commence à écrire des poèmes à 17 ans, puis se lance ensuite dans les journaux intimes. Tout le monde s’en va est publié en 2006 et va être traduit dans différentes langues telles que le français ou l’anglais; nous pouvons donc l’acheter dans des nombreux pays mais pas à Cuba, qui est pourtant le pays d’origine de l’auteure, car considéré comme subversif. Le roman a inspiré le cinéma puisqu’en 2013, Sergio Cabrera, a réalisé un film homonyme.
Wendy Guerra est une auteure qui aime son pays et qui souhaite représenter la nationalité cubaine:
- grâce à la population qu’elle décrit dans son roman.
- grâce à sa propre intimité.
Dans Tout le monde s’en van, roman dont l’intrigue se déroule à Cienfuegos et à La Havane, les journaux intimes qu’écrit Nieve sont totalement inspirés de ceux qu’écrivait Wendy Guerra dans sa jeunesse; c’est-à-dire que les journaux de Nieve sont la réécriture et la fictionalisation de ceux de Wendy; Wendy et Nieve constituent donc à mes yeux une seule et même personne vivant aux mêmes endroits et écrivant pour ne pas oublier.
b. La répercussion dans l’oeuvre

Source: site web d’Anagrama.
Pour écrire cette oeuvre, Wendy Guerra s’inspire de ce qu’elle connait. Tout au long de la lecture, nous faisons face à des arguments d’autorités, c’est-à-dire, des incidences reflétant la réalité. Ainsi, nous pouvons voir clairement le machisme de la société des années 1980 quand, par exemple :
- Nieve montre que les hommes n’acceptent pas les femmes dans certains lieux. Ils ne veulent pas se mélanger ni partager des savoirs avec elles sous prétexte qu’ils ne partagent pas les mêmes valeurs: à savoir le courage et la force (Guerra, Wendy 2017: 128).
- les hommes veulent contrôler la vie des femmes, en leur interdisant d’effectuer des actes de la vie quotidienne; Nieve ne veut pas de cette vie là, elle ne veut pas être la marionnette d’une homme peut importe qu’il soit son père ou son mari (Guerra, Wendy 2017: 128).
II/. Une fenêtre sur le régime établi
Le roman débute en 1978, Nieve a huit ans; lorsqu’il se termine en 1990, elle en a 20. Pendant tout se temps, le régime en vigueur est celui de Fidel Castro. Il est en place de 1976 jusque 2008 et peut être considéré comme une dictature; le roman nous décrit un régime autoritaire qui contrôle sa population en lui donnant des ordres indiscutables: “Je n’ai pas faim mais il faut y aller. C’est un régime militaire. Il faut obéir aux ordres” (Guerra, Wendy 2017: 142). Ce régime a un impact très fort sur sa population et tous ces ordres et restrictions font que les citoyens partent de Cuba, fait qui nous renvoie directement au titre prémonitoire de l’oeuvre.
Ainsi, le régime castriste souhaite contrôler tout ce qui touche à la population, c’est-à-dire:
- l’éducation: les enfants doivent écrire un communiquer avec des phrases données, prédéterminées, elles sont donc pensées par le régime: “Le miracle de la révolution” ou “Patrie ou mort, nous vaincrons” (Guerra, Wendy 2017: 67).
- les moyens de communication; la radio est censurée, il n’est pas permis de diffuser plus de deux chansons en anglais par jour et il existe une liste noire de chanteurs (Guerra, Wendy 2017: 133, 149 y 150).
- les lieux de rencontre; le régime fait fermer des lieux d’échanges pour que la population ne puisse pas se réunir et comploter contre lui (Guerra, Wendy 2017: 215).
- l’art; les livres sont surveillés et certains sont interdits (Guerra, Wendy 2017: 157).
- l’immigration; le régime ne souhaite pas que les étrangers restent dans le pays, et, il existe une haine contre les américains “Ici être américain c’est pire que d’être lépreux” (Guerra, Wendy 2017: 130).
Mon ressenti
C’est un livre que j’ai beaucoup aimé; il m’a un peu fait découvrir Cuba, pays que je ne connais pas du tout. Le sujet abordé est un sujet que nous connaissons tous je pense, cependant, nous le voyons ici depuis l’intérieur, depuis la population; c’est un point de vue très intéressant.
Lire ce livre m’a permis via la compréhension du texte et l’apprentissage de nouveaux mots d’améliorer mon espagnol. Il m’a aussi permis de découvrir une nouvelle auteure cubaine et je liraistrès certainement d’autres de ses livres.
Bibliographie
Anagrama (s/a): “Todos se van” [en ligne]. Disponible sur: https://www.anagramaed.es/libro/narrativas-hispanicas/todos-se-van/9788433997821/NH_534 [consulté le: 30 de noviembre de 2019].
Guerra, Wendy (2017): Todos se van. Barcelona: Anagrama.